Ce mois-ci, Cyrus et Benofx vous proposent un nouvel épisode des Jeux du mois consacré à Insurrection et Rebirth.
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Crédits musique : Skyhawk Beach de Blue Wave Theory sous licence CC BY-SA 4.0.
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Après plus de 10 ans du format « Jeux du mois », Cyrus vous propose une brève rétrospective de l’évolution du format.
Le mois dernier, barTouf vous présentait Bullet Star. Le Pionfesseur quant à lui nous parlait de Tag Team. Vous pouvez toujours écouter cette émission en cliquant ici.
Insurrection

La fiche signalétique de Insurrection
- Autorat : Tore Næss
- Illustrations : Louis Gennart
- Édition : La Boîte de jeu
- Nombre de joueur·se·s : 2 à 6
- A partir de : 10 ans
- Fabriqué en Pologne
- Disponible à la Caverne du Gobelin au prix de 18,90 €
- Lien BGG
Le principe du jeu
Insurrection est un jeu qui s’appuie sur la mécanique du Mah-jong, ou encore du Rami. A l’instar de Fantasy Realms (chroniqué à l’époque par Benofx dans le Jeux du mois), il s’agit de se constituer une main la plus forte possible afin de remporter la partie. A chaque tour, on échange une de ses cartes en main avec une carte présente au centre de la table. Mais Insurrection nous réserve des surprises. Il plante son décor au beau milieu d’un conflit qui voit s’opposer le bien et le mal. Lequel des deux l’emportera ? Vous avez votre mot à dire sur le sujet et tenterez d’influencer la partie de manière à faire gagner le camp qui sera le plus lucratif pour vous.

Critique
Insurrection parvient à rendre l’opposition entre le bien et le mal particulièrement présente. On sent que tout a été designé autour de cette idée forte. De son cousin Fantasy Realms, il ne garde finalement que les bases mécaniques. Si les manières de marquer des points ont moins de personnalité dans Insurrection que dans Fantasy Realms, c’est par la dynamique qu’il met en branle qu’Insurrection s’illustre. L’auteur nous fournit les outils pour faire basculer le conflit d’un camp vers un autre, mais ces outils, il les offre à tous les joueurs ! Il faudra donc lutter et peut-être chercher des alliés de circonstances. Et puis si on sent que l’affaire nous échappe, il faut être prêt à retourner sa veste. D’un jeu à la Fantasy Realms, on se rapproche finalement plus, par moment, de sentiments de jeux qu’on trouverait dans un Dilemme du Roi et se sent parfois un peu comme la Suisse au milieu de la seconde guerre mondiale…
Conclusion
Insurrection s’illustre donc par sa dynamique assez unique. Il place les joueurs et joueuses au milieu d’un conflit dont le résultat ne les intéresse qu’indirectement. Sentir le vent tourner, s’adapter, agir avec force de conviction et dans son propre intérêt, voilà dans quoi nous embarque Insurrection.
Rebirth

La fiche signalétique de Rebirth
- Autorat : Reiner Knizia
- Illustrations : Anna « Mikado » Przybylska et Kate « Vesner » Redesiuk
- Édition : Mighty boards
- Localisation : Lucky Duck Games
- Nombre de joueur·se·s : 2 à 4
- A partir de : 10 ans
- Fabriqué en Chine
- Disponible à la Caverne du Gobelin au prix de 36,90 €
- Lien BGG
Le principe du jeu
Rebirth est un jeu de placement de tuiles signé Reiner Knizia, édité par Mighty Boards. À chaque tour, on pioche une tuile de sa réserve personnelle et on la place sur un plateau représentant l’Écosse (ou l’Irlande pour le mode avancé). Ces tuiles figurent des fermes alimentaires, des fermes énergétiques ou des habitations, et viennent progressivement recouvrir le territoire. On marque des points en constituant des groupes de fermes adjacentes, en prenant le contrôle des châteaux par majorité, et en accomplissant des objectifs. Le tout dans un univers post-apocalyptique étonnamment écologique et positif, où les clans celtes reconstruisent leur terre en harmonie avec la nature.

Critique
Rebirth porte bien son nom : c’est une renaissance du jeu de placement de tuiles, un genre déjà bien explorer par le docteur, ici épuré et modernisé. Une tuile, un placement, au suivant. Cette économie de moyens cache pourtant une richesse de décisions. Le système de scoring des fermes — où chaque tuile ajoutée à un groupe rapporte davantage que la précédente — crée une tension permanente entre consolider l’existant ou bloquer les adversaires. Les autres sources de point (châteaux, objectifs) nous incite à partir à la conquête de nouveaux territoires , et l’on se surprend à surveiller ses adversaires avec une attention qu’on n’attendait pas d’un jeu aussi épuré. Le plateau irlandais, avec ses objectifs publiques et ses tours rondes apportant divers bonus, ajoute une couche de profondeur bienvenue pour ceux qui auraient fait le tour du plateau écossais.
Conclusion
Rebirth s’inscrit dans la lignée des grands Knizia : des règles limpides, des choix cornéliens, et cette élégance qui fait qu’on y revient. Il nous rappelle qu’un bon jeu n’a pas besoin de complexité pour générer de la tension. Reconstruire un monde, une tuile à la fois, en regardant ses voisins du coin de l’œil — voilà la proposition simple et efficace de Rebirth.

