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[Dossier] De l’édition participative

kickstarter

On vous parle d’édition participative, de Kickstarter, ou d’Ulule quasiment dans tous les numéros. On a profité qu’un « gros » éditeur comme Days of Wonder propose un projet pour vous en parler. Au final, ce dossier présente différentes approches de l’édition participative. Le sujet est vaste et les buts de ceux qui se lancent dans l’aventure sont extrêmement variés. Ce dossier amène surtout des pistes de réflexion et est un prétexte pour échanger sur la question.

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A noter que cet épisode est en deux parties, puisque ce que nous avions envisagé le 21 janvier a beaucoup évolué dans les jours qui ont suivi et que nous avons donc dû enregistrer un « débrief » de l’épisode  à quelques semaines d’intervalle.

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On commence par présenter l’exemple d’Asynchon avec 1775 – Rebellion, qui utilise les deux plateformes pour permettre la réédition d’un jeu déjà abouti.

Small World  kickstarter
Days of Wonder se lance dans le KickStarter pour Smallworld 2 :
L’idée était de financer la deuxième version de SmallWorld sur iPad. Cette application sortira quoi qu’il en soit en version 3 à 5 joueurs. Si le projet avait abouti l’upgrade aurait été gratuit. Cela devait aussi permettre d’élargir à d’autres plateformes un produit qui autrement n’était pas intéressant commercialement parlant (rappelez vous que les utilisateurs d’Android n’achètent pas les applications et donc les jeux !)
Nous nous sommes intéressés aux  paliers de souscription. Les participations sont onéreuses, mais parfois (comme pour la version 3D du jeu) fort intéressantes :
  • 3$ : Merci + accès au forum de dév
  • 15$ + : Upgrade en V2  + 3 pouvoirs spéciaux
  • 30$ + : 3 extenxions (Maudits, Au bonheur des dames et Be not afraid) + 3 Races exclusives
  • 65$ + : L’album Encyclopédie des races et pouvoirs spéciaux + une illustration.
  • 100$ + : Le jeu et toutes ses extensions sur toutes les plateformes développées, un T-Shirt, 3 badges et ton nom au générique.
  • 180$ + : Le jeu de société et 168 jetons de luxe
  • 240$ + : 12 jetons de luxe supplémentaires
  • 321$ + : Comme le niveau à 400$ mais sans les niveaux précédents
  • 400$ + : Une designer édition : Une carte géante, une variante pour 6 joueurs, 307 jetons de luxe, des pièces en métal, un dragon en résine, des figurines de héros, etc.
  • 650$ + : Une figurine en 3D d’une amazone et la copie « designer edition » sera signée et dédicacée – (1 SEUL)
  • 999$ + : inventez la race / le pouvoir de votre choix. Il sera imprimé mais pas forcément publié + Une illustration  signée par Miguel Coimbra et Philippe Keyaerts.
  • 3200$ Un déjeuner et une partie avec Philippe / Erci et Marc aux US. Nourriture et logement pour 2 nuits. 1 figurine 3D de son choix (SEULEMENT 3)
  • 8500$ + Une carte en 3D et peinte à la main.
A l’heure actuelle, la campagne a été annulée après avoir obtenu à peu près 100 000$. Si vous avez soutenu ce projet, n’hésitez pas à nous dire pourquoi et quel pallier vous aviez choisi.
Formula E
On pensait que Formula E n’atteindrait pas le seuil (25 000$ !). Ce fut le cas en quelques jours. Un sprint final inattendu.
 Small Box Games
Nous discutions également du rôle de Kickstarter pour l’éditeur Small Box Games :
  • C’est une petite structure qui souhaite rester petite. Ils préfèrent produire 500 à 1000 jeux et les vendre en direct plutôt qu’en faire 2000.
  • KS leur permet de sortir des jeux qui autrement ne seraient pas sortis
  • Ils vendent des jeux finis et non une idée ou un simple proto.
  • Ils se servent de KS comme plateforme de précommande et de vente directe.
  • Quand le jeu est mis en ligne il est prêt à être produit et expédié (pre-prod ok, artistes payés …)
  • Utiliser KS ne change pas leur façon de travailler mais leur permet d’être plus efficace pour moins cher. Ils n’ont pas de distributeurs et KS leur permet de s’en passer.
  • Ça leur permet de ne pas vendre de boîtes trop grosses par rapport au contenu pou s’assurer de la présence sur les étagères
  • Ça leur permet de produire aux US et de ne pas délocaliser ou de de devoir produire plus pour une marge moindre.
  • L’article compare l’acte de baker sur le net à l’achat dans une boutique (pour conclure qu’on peut très bien être déçu également pas un achat en boutique).
Bref, ils se servent de Kickstarter comme d’une plateforme de vente en ligne et d’optimisation d’un marché très tendu.
 theresistance
Indie Boards and Cards (The resistance)  a fait un don de 7500$ à la fondation Heifer : 1$ pour chaque vente directe (convention ou Kickstarter).
Finalement on n’a pas fini de parler de crowdfunding et de voir évoluer ce système…
N’hésitez pas à réagir à notre émission sur ce billet. 
Ludiquement,
Olivier
Ce podcast vous est proposé avec la participation de Ludikbazar
 LudikBazar - Le spécialiste du jeux d occasion
Le spécialiste du jeu Discount, neuf et occasion

8 nombreux commentaires pour [Dossier] De l’édition participative

  1. Dossier succint mais sympa. Et surtout l’idée de rajouter un petit épilogue sur ce qui s’est passé entre le début et la fin de l’enregistrement est excellent. Cela permet de prendre un peu de recul.

    1. D’ailleurs, est-ce qu’il ne serait pas intéressant de faire la même chose sur les jeux que vous présentez en détail? Il vous arrive déjà de mentionner un avis sur un ancien jeu mais pourquoi pas faire plus souvent une petite rubrique de 5 minutes dans les dossiers de présentation sur « il y a 3 mois, on vous a donné un avis sur tel jeu, après 3 mois, je confirme » ou « je corrige ».

    2. L’épilogue était indispensable : on s’est retrouvé avec un retournement de situation pour Smallworld 2 et Formula E … L’édition paticipative est un excellent outil, mais utilisée de façon parfois étonnante. Y a pas mal d’expérimentations en cours. Bref, c’est un sujet fort intéressant.

  2. A l’écoute de cet épisode, et notamment la partie détaillant les boites deluxe Smallworld, je vous aurais proposé de partir sur un futur dossier sur les versions « Collector, Tirage limité, Anniversaire, etc… » des jeux de societé.

    – est-ce qu’à la manière d’un MMO à abonnement (je paye pour jouer, j’ai payé faut que je joue), on ne se sent pas obligé de sortir Le Jeu qui coute un bras trop souvent, au détriment de la variété

    – les bonnes expériences que vous avez connues en la matière, et à l’inverse les gros foutages de gueule

    – l’incompatibilité qui peux survenir dès qu’une extension sort pour le même jeu (ex. Thiercelieux 10 ans Personnages)

    – les moyens de se financer l’achat du bousin (qui garde le bébé en cas de divorce d’amis ludiques sur un jeu acheté en commun; quelle somme racketer à ses proches que l’on divertit en JdS depuis X année; …)

    1. Questions très intéressantes :
      – je paye pour jouer, j’ai payé faut que je joue : je pense immédiatement au JCE. Pour moi c’est un très bon principe … jusqu’à un certain point.
      – On aborde la question du deluxe / Anniversary edition avec les 5 ans de pandemie, mais il y a d’autres exemples. On en profite pour parler de a compatibilité des éditions.
      – Ensuite, on peut parler de financement. Je suis même fort bien placé pour parler collectionnite, séparation et fusion de collections 😉
      Bref, on en parle dans le 41 ?

  3. Je dois dire que je suis assez fan du modèle Kickstarter, même si je commence maintenant à avoir des doutes sur les véritables motivations de certains projets. Par exemple, le cas de Smallworld 2 m’a profondément intrigué, même choqué, parce que je n’ai pas l’impression de Days of Wonder en a réellement besoin pour lancer des projets. J’ai comme le sentiment qu’ils voient ça comme un moyen de ne prendre aucun risque, pour moi, l’antithèse de l’entrepreneur/éditeur. Ne pas croire en son produit… et abuser de méthodes qui devraient être laissées à des plus petits qu’eux est un principe qui me gêne.

    Le cas de Zombicide et de ses extensions à venir m’a aussi troublé. Le projet a été « founded » en quoi ?, trois minutes ? C’est de la folie, même si je trouve le concept du jeu sympathique.

    Pourtant, je continue à croire que Kickstarter est un outil/une plateforme qui peut vraiment mettre la lumière sur des projets qui mériteraient d’être distribués. Je pense notamment à des jeux comme D-Day Dice, ou encore des projets photo/cinéma auxquels j’ai participé avec beaucoup de plaisir et d’engouement.

    Enfin, je pense que si je ne vivais pas à l’étranger, et si j’avais accès à tous les jeux simplement (la présence en magasin de jeux kickstartés quelques temps après la campagne), ma préférence irait sans doute aux magasins en dur, ne serait-ce que pour y retrouver un accueil moins systématisé et des rencontres possibles.

    Bref, merci pour ce dossier. On verra ce que l’avenir du Kickstarter réservera aux gros éditeurs qui en profitent selon moi un peu trop et aux petits éditeurs qui en auront probablement encore besoin dans les mois/années à venir.

  4. Il faut bien savoir aussi que c’est totalement pas du tout encadré par la loi comme il le faudrait, qu’on est dans le flou le plus total, et que quand y’aura des crashs (promesses non-tenues, gens qui plantent le projet, sociétés en faillite), ça fera très très mal.
    Y’avait un dossier complet dans l’excellent magazine CanardPC, un bref aperçu là :
    http://www.canardpc.com/news-52783-we_got_the_powa__.html

  5. 17e minute : « 999$ et + : déjeuner avec Philippe Ehrhard » – joli lapsus ^^

    Merci pour cet épisode très intéressant (et merci Stéphane pour le lien Canard PC).

    J’étais dubitatif sur la campagne KickStarter de Small World 2 – je trouvais notamment que servir les utilisateurs Android en 2e main était assez mal amené.

    D’ailleurs, je tiens à préciser qu’il y a des utilisateurs qui ne piratent pas.
    Que de nombreuses applications s’achètent bien, que des modèles économiques fonctionnent autour des contenus payants sur le Google Play Store. Ce n’est pas parce que les revenus sur iOS sont alléchants qu’il faut croire qu’on doit être forcément aussi rentable sur un autre plateforme. Le taux de pénétration Android est largement supérieur à celui d’iOS et est depuis plusieurs années en progression.

    Pour ma part, je n’ai encore jamais backé de projets KS – certains sont très alléchants mais la clientèle européenne est souvent pénalisée. Quant à Ulule, j’attends de voir si les concrétisations ont bien lieu. Cette idée d’avancer de l’argent 1 an à l’avance est assez rédhibitoire.
    Du reste, certaines campagnes ont l’air de mal se passer – je pense à Massilia et Vanuatu – des discussions ont lieu sur Tric Trac et Gus&Co à ce sujet.

    Enfin, j’étais content de vous croiser à Cannes et de partager une après-midi ludique avec Olivier et ses enfants. C’était mon premier festival, ça m’a beaucoup plu et vous êtes en grande partie à l’origine de ma décision de m’y rendre. Merci à vous 🙂

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