Introduction
Dans ce dossier animé par Flavien, Caducée, Kurts, LePionfesseur et Bartouf discutent du concept de transmission et de son application au monde du jeu de société.
Écouter l’émission
2:25:32 - Télécharger le fichier mp3
Pour soutenir le fonctionnement de Proxi-Jeux
Pour nous soutenir, nous remercier ou encore nous encourager, vous pouvez le faire via PayPal ou nous contacter pour réaliser un virement bancaire.
S’abonner aux podcasts diffusés par Proxi-Jeux
Vous pouvez « streamer » notre podcast ou vous abonner à notre flux Apple Podcast. Si vous nous appréciez, notez notre Podcast dans Apple Podcast et laissez-y un commentaire ! Sur Android, nous vous recommandons d’utiliser l’application (gratuite) Podcast Addict.
Retour sur les commentaires du dossier précédent
Le dossier précédent était consacré au sujet « Ethique et morale dans le jeu de société ». On en reparle rapidement, et vous pouvez consulter les commentaires relatifs à cet épisode ici.
Les lieux de transmission
Y’a t-il des lieux plus propices ou plus codifiés pour transmettre le jeu de société ? Ces lieux de transmissions varient ils à travers les grandes étapes de la vie ? C’est via ces questions que Caducée a choisi d’aborder ce dossier sur la transmission. Elle y répond par le biais de quelques exemples de situations.
Transmettre les règles, c’est déjà transmettre le jeu
Dans cette chronique, Kurts s’intéresse à une forme de transmission souvent invisible dans le jeu de société : l’explication des règles.
Car au-delà du simple fait de faire découvrir des jeux, transmettre le jeu passe aussi par ce moment clé où quelqu’un prend la parole autour de la table pour présenter une partie. Un rôle implicite, parfois central, qui varie selon les joueurs et les situations.
À travers les différents styles d’expliqueurs et leurs impacts, Kurts montre qu’expliquer un jeu ne consiste pas seulement à en donner les règles, mais aussi à transmettre une manière de jouer, une ambiance, et une certaine vision du jeu de société.
La petite main télescopique de Caducée :

Les jeux qui parlent de et utilisent la transmission
Les bonnes conditions pour assurer la transmission
En repartant d’une réflexion sur la transmission de l’art du cinéma qui a connu une importante activité grâce à l’éducation populaire durant le 20ème siècle et en repartant de la réflexion qu’Alain Bergala avait mené dans le cadre d’une mission commandée par Jack Lang, barTouf essaie de voir ce que pourraient être les bonnes conditions pour transmettre l’art du jeu de société.
Ses références sont les conférences de Vincent Berry :
https://www.youtube.com/watch?v=mj1z2ODkUH0
https://www.youtube.com/watch?v=sylFS66DccI
https://www.youtube.com/watch?v=tB830bKgj5s&pp=ygUedmluY2VudCBiZXJyeSBqZXUgZGUgc29jacOpdMOp
et le livre d’Alain Bergala L’hypothèse cinéma, petit traité de transmission du cinéma à l’école et ailleurs aux éditions des Cahiers du cinéma 2002
Obtenir un bon de réduction à la Caverne du Gobelin
Le code de notre partenaire, la Caverne du Gobelin, pour bénéficier de 5€ de réduction valable à partir de 40€ de commande : 5gv5Ct



Dans les jeux où il y a de la transmission, rubrique 3, transmission d’une information entre joueurs
Il n’y a pas que les jeux où on fait deviner et la communication explicite.
A the crew
– le choix de mission
– l’information sur ma carte +basse/haute
– le fait de jouer une carte
– le moment où je donne l’information est une information
A Trio en équipe, donner une carte à son coéquipier donne une information.
Nous avons oublié les ludicaire qui se font parfois passeurs, que soit d’ailleurs ici remercié éternellement Cedric pour m’avoir transmis Ascension, un jalon dans ma vie de joueur.
Je note qu’on oublie encore une fois les principaux passeurs et transmetteurs du monde ludique, même si Kurts en parle sans les nommer dans sa rubrique et même si Caducée et Flavien n’en parle que pour les critiquer. C’est une partie des prolétaires du monde ludique, je parle des animateurs en festival. Tous ces bénévoles ou ces mal payés, si ils ont la chance d’être rémunérés d’une autre façon qu’avec des boites de jeu. Alors oui lors des grands festivals, comme le fij, quand ils sont là pour présenter les dernières nouveautés d’éditeurs qui n’ont même pas pris le temps de les faire jouer au moins une fois aux jeux qu’ils sont sensés expliquer, il peut y avoir des couacs sur les règles. Mais je parle aussi de tous les bénévoles qui vont organiser des festivals de jeu en campagne avec leurs associations, passer leur week-end à faire jouer pleins de familles ou de personnes curieuses à des anciens jeux ou à des jeux qu’ils apprécient. Et tout ça je suis sur que ça doit générer pas mal de ventes après coup mais aucun éditeurs ou auteurs ne les citent ou les remercient… j’avais tant espérer que vous ne passiez pas à côté vous aussi mais peut-on avoir une conscience de classe quand on ne s’intéresse qu’à l’art ?
Je suis d’accord avec le Pionf’ si seulement les associations fonctionnaient comme les ludoclubs décrient par pere castor ce serait une tuerie, ça donne trop envie d’en créer…
Je précise qu’effectivement Flavien n’est pas au top niveau explication de règles, souvent quand on joue sur BGA je comprends rien et j’attends les 1ers tours pour essayer de capter, pour sa décharge je ne suis pas très attentif non plus.
Est-ce que les jeux comme Descendance sont des jeux de transmission de patrimoine ? J’ai pas d’autres exemples de jeux où on joue plusieurs générations sur une partie, j’ai pas de mémoire et une culture ludique moisie, mais je le vis bien.
Sinon malgré ce manque évident de camaraderie ludique je suis de nouveau étonné en bien de ce que vous arrivez à produire lors de ces dossiers, surtout quand le thème comme celui ci paraît un peu nébuleux avant l’écoute.
J’ai la chance, je crois, d’être dans une association qui semble fonctionner un peu différemment, avec ses avantages et ses inconvénients : il y a en quelque sorte des « membres organisateurs », qui amènent l’ensemble des jeux qui sont à disposition pour l’aprem-soirée ( essentiellement en provenance de deux ludothèques perso , et globalement 8 personnes transmettrices ).
Il arrive que certains membres amènent un jeu mais c’est rare, la plupart découvrent. On se retrouve donc un peu dans la configuration de « vous êtes dans mon salon, regardez ce qui vous plait » ( même si je ne trimballe pas tous mes jeux à chaque séance ).
Suite à la chronique de Bartouf, et à nos échanges ( enregistrés et en off ), j’ai eu l’idée de proposer un premier pas « ludoclub » pour notre prochaine rencontre : J’ai un peu choisi la facilité, en mettant en avant une mécanique ( le stop ou encore ). J’ai préparé des petits panneaux explicatifs ( merci Erwan et le wiki ) et la liste en photo des jeux à disposition qui utilisent cette mécanique. Je pense qu’on les mettra sur une petite table dédiée, sous les fiches.
Je vous dirai ce que ça a donné, si ça a permis des échanges et si certaines personnes se sont laissé prendre au jeu de la mise en avant.
On faisait des mise en avant surtout thématiques auparavant ( Halloween…).
Mais quelle super idée Caducée, nous avions prévu une soirée spéciale Paolo Mori et je n’avais prévu que de mettre les jeux en place sur les tables. Mais ton idée de mise en scène des jeux avec étiquettes (date, petite bio et ludographie dans le cas de cette rétro par auteur) m’emballe complètement. Je vais aussi faire comme toi pour une prochaine fois avec mise en avant d’une mécanique (trop bonne idée l’utilisation du wiki qu’Erwan construit patiemment). Par contre moi je ne vais pas mettre ça sur une petite table mais directement en place sur les tables et ce sera sur une petite table que seront les jeux hors thème.
J’aime beaucoup les concepts de transmission.
J’ai un peu le même sentiment que vous par rapport aux films ou aux livres, mais il ne faut pas oublier que beaucoup lisent et/ou regardent des films sans jamais analyser. Ils transmettent donc simplement un « j’ai bien aimé » ou « j’ai pas aimé », et d’ailleurs rarement des avis négatifs. Sans un minimum d’analyse, tout « passe le temps » ; rares sont les œuvres suffisamment marquantes pour se passer de réflexion.
Mais je remarque, par le prisme du jeu, que je peux provoquer de l’analyse chez mes ami·e·s, y compris vis-à-vis des films ou des livres.
Quand je joue à Carnuta ou à Dewan et que je n’y trouve aucune matière, aucune vie, et que je l’exprime — parfois de manière un peu rude —, c’est aussi lié au fait que j’ai joué à des milliers de jeux.
C’est de la même manière que certaines personnes trouvent La Femme de ménage génial, alors qu’elles n’ont lu que deux livres dans l’année. Ce n’est pas un mauvais livre, mais quelqu’un qui lit régulièrement des polars et qui a lu de grands classiques du genre le trouvera passable, plein de clichés et de choses déjà vues. Et au final, même si la lecture (ou la partie) est agréable sur le moment, il n’en reste rien.
Mais la majorité des gens ne se posera pas cette question, n’en parlera pas autour d’elle, et donc cet effet de « c’était pas un mauvais moment » sera colporté faute de mieux.
Attention cependant à ne pas devenir les « Cahiers du meeple », à ne juger les jeux que par leur historicité ou par des références obscures à des jeux allemands du XXe siècle. Sinon, on devient comme ceux qui dénigrent systématiquement Marvel Cinematic Universe, les films de Quentin Dupieux ou de Christopher Nolan au motif que seuls François Truffaut et la Nouvelle Vague compteraient.
Au final, je pense qu’il y a des gens qui partagent, d’autres qui transmettent, certains qui ne font que ce qui leur plaît, et d’autres encore qui acceptent de recevoir — le tout à différents degrés.
Je n’ai pas fait de recherches, mais j’ai du mal à croire que les cinémathèques, les groupes de lecture ou les études de cinéma ne soient pas liés à une envie globale. Il adviendra probablement la même chose pour le jeu lorsque la société l’aura pleinement intégré.
Quand consommation, partage, transmission et analyse seront vu au même niveau
Haha, juste une petite remarque Kaalh rv, elle ne t’est pas directement adressée mais je me permets de revenir sur une contre-vérité trop souvent colportée : les Cahiers du cinéma contrairement à ce que certains aiment croire ne sont pas snobs, ils ont été les premiers à mettre en couverture le Spiderman de Sam Raimi et l’on ardemment défendu, ils ont défendu depuis le début Dupieux et continuent encore maintenant, et ont aussi défendu certains Nolan (pas souvent certes mais que faire d’autres quand le cinéaste est mauvais ;-p ). Historiquement ce sont de grands défenseurs du cinéma hollywoodien et aussi de cinéastes plus indépendants ou confidentiels, quand c’est la qualité des films qui te guide, ce qui est leur cas, tu te moques de savoir d’où il vient. Ceux qui croient le contraire ne les lisent pas.
Super dossier, toujours un bon moment qui fait fumé le cerveau.
J’ai beaucoup aimé le style adopté de Caducée, qui a projeté dans mon cerveau victime de la société de notre société de consommation, l’image de cette publicité d’assurance des années 90 sur la musique de Chostakovitch.
Je suis l’explicateur de mon groupe de joueurs proche. J’aime lire et transmettre les règles. Malheureusement aujourd’hui, mon groupe me l’impose, et le refus n’ai pas compris.
Pourtant fréquentant de plus en plus des joueuses bien plus expérimentées, je doit dire que c’est agréable d’être passif.
Je manipule probablement les pions des autres joueurs lorsque j’explique des jeux sur un grand plateau, et j’en suis désolé.
Bien que j’ai une bulle plus large que la moyenne, je n’ai jamais pensé que ce geste pouvais être intrusif, bien que cela soit logique. Merci d’en avoir parler, je serais vigilant désormais.
Lepionfesseur est une source d’inspiration pour l’explication de règle. Aujourd’hui je suis sa méthode sur Kauri et rencontre cosmique, cela marche systématiquement.
Je propose une autre catégorie de jeu. « Les jeux transmis à l’oral »
J’entend par là, les jeux anciens et/ou traditionnels, sans auteur, transmis à l’oral de génération en génération. Exemple l’awalé
Pour ce qui est des associations ludiques, en réalité tout dépend de ses membres et de ses dirigeants.
En dehors des sessions de jeu, souvent les associations même des actions extérieurs.
Pour prendre exemple sur la notre. L’objectif (défini dans les statuts) est favoriser l’accès au monde ludique et en faire sa promotion.
Ainsi donc, en plus de nos sessions de jeu hebdomadaires, nous participons a des événements périphérique où nous ne sommes pas forcément les instigateurs.
Animation sur Festival, organisation de soirée jeux dans des médiathèques (pas des ludothèques), dans des écoles, fêtes de village, etc….
Toujours en bénévolat et sans promotion de l’association.
L’accueil des nouveaux est bien évidemment primordiale.
Enfin et je terminerai par cela, la critique.
Un mec intelligent a dis un jour, une critique se consulte après avoir jouer au jeu. Et il a raison.
Ce qui permet de comparer mon ressenti, a celui d’un érudit, de comprendre ce que je n’ai pas compris.
Aujourd’hui il existe très peu de critique dans le jeu de société, car celle-ci est contre productive au marché. Contrairement aux bandes d’annonce (influenceur).
Néanmoins les véritables critiques sont normalement des érudits, et auront à juste titre, tendance à être élitiste sur les jeux. Ce n’est pas pour cela que nous devons suivre leurs avis, mais nous devons les écoutés pour comprendre.
Je suis un joueur récent, j’ai découvert le deckbuilding avec Clank!
J’adore ce jeu, et personne ne pourra me faire changer d’avis.
Néanmoins je n’ai jamais joué à Dominion, mais je sais qu’aujourd’hui tout viens de lui, et je devrais y aller pour ma culture. Mais cela n’entachera pas l’amour que je porte à Clank! qui sera très probablement supérieur à Dominion.
J’ai joué récemment aux Chateaux de Bourgogne pour la première fois.
Ma réaction c’est « bof », mais je comprend la place qu’il occupe, et je suis contant d’y avoir jouer grâce aux critiques.
Je réalise que j’ai un peu trop dérivé, mais c’est souvent ce que vous provoquez à mon cerveau lorsque j’écoute les dossiers.
Je te rassure : les vrais érudits n’aime pas spécialement Les Châteaux de Bourgogne :p
(par contre on verra ton avis sur Clank après Dominion quand même. Du moins après Dominion et Ascension)
Merci pour ce beau dossier, dense comme on les aime !
J’ai l’impression que ça a été très rapidement évoqué (avec Train comme exemple), mais les jeux peuvent transmettre un message. Qu’il soit idéologique, politique, écologique, le jeu est un médium qui peut participer à la prise de position ou à l’engagement.
Des jeux comme Daybreak peuvent être déclencheurs de prise de conscience.
En ce qui concerne les types de transmissions, je me posais la question suivante : est-ce que la transmission par « espionnage » (le terme n’est pas fou mais je n’en ai pas d’autre qui me vient à l’esprit) est un type à part ?
Je pense à Cryptide, par exemple, où les éléments exposés par l’adversaire permettent de faire notre propre déduction, et où il faut être en mesure de donner le moins d’informations possibles, tout en restant très à l’écoute des signaux adverses.
Bonjour à tous, et un grand bravo pour vos podcasts qui m’assurent une véritable formation ludique en accéléré.
Je m’excuse d’abord de réagir TRES tardivement à ce podcast, qui date de près de 3 mois.
Directeur d’une médiathèque publique, j’ai bien réécouté la dernière partie de l’émission, au cours de laquelle barTouf évoque son expérience ratée de club de lecture dans une médiathèque. Une de mes collègues anime précisément ce type de club de lecture, et elle m’expliquait récemment la difficulté à faire sortir les intervenants-usagers de leur silo, c’est-à-dire à dire autre chose que le simple synopsis du livre qu’ils présentent. Devant l’immensité de la littérature, créer les fameuses « passerelles » des points 3 et 4 de barTouf est un exercice difficile, tout comme rédiger une vraie critique sur SensCritique.
J’envisage de créer un fonds de jeux de société dans ma médiathèque, mais je me dois d’abord d’examiner les médiations possibles autour de cet objet culturel. Au regard de ma propre expérience de joueur, je confirme à 100% ce que vous dites tous dans cette émission, à savoir l’importance du passeur dans une session de jeu. Parmi les non-joueurs, beaucoup se sont arrêtés au Monopoly de leur enfance et ne sont jamais revenus vers un loisir qu’ils considèrent avant tout comme un passe-temps. Mais d’autres, et ils sont nombreux je pense, ont eu à un moment ou un autre une session de jeu moderne, mais c’est le passeur qui, en expliquant mal les règles, les a refroidis et a nourri leur défiance vis-à-vis du jeu de société.
Mes hommages, au passage, à ces fameux passeurs, véritables héros ludiques, qui se dévouent, qui ont justement ce rôle central dans la transmission et qui sont bien souvent inconsolables quand ils ne parviennent pas à faire aimer un jeu. Mais expliquer des règles, c’est comme conduire une voiture : ça s’apprend.
D’où mon souhait d’ajouter au point 1 (la médiathèque comme lieu de création et de développement d’une communauté de joueurs) les points 2, 3 et 4, qui mettent en avant le passeur, mais aussi les parcours et les passerelles vers d’autres jeux que celui qui vient d’être joué. Pour ce faire, je ne pars pas de zéro : nous sommes 12, et 6 d’entre nous sont déjà des gamers (ce qui ne veut surtout pas dire passeurs). Mais je dois insister sur l’importance de l’explication de la règle, qui est un exercice difficile.
Je compte faire l’acquisition de 150-200 jeux, pas plus. Nous ne les prêterons pas, car nous ne pouvons entrer en concurrence avec la ludothèque associative qui rayonne sur notre territoire, qui organise le prêt (payant) des jeux, mais qui ne peut faire beaucoup plus car cette association a d’autres missions, notamment celle de centre social. 150-200 jeux donc, mais qu’au moins l’un d’entre nous saura jouer et (surtout) faire jouer chacun d’entre eux.
La ludothèque nous a prêté une quinzaine de jeux voici deux mois, dans le cadre des « 10 jours sans écran ». J’ai assuré seul une journée entière de jeux un samedi, auprès d’un public notamment familial. Résultat : un carton. Plus de 40 personnes ont squatté le fond de la médiathèque, j’avais préparé 4 jeux seulement (Le trésor des lutins, Karak, Roi & compagnie et Splendor) et tout le monde semble avoir passé un vrai bon moment. Je n’ai évidemment rien fait d’autre pendant la journée, mes collègues ont assuré le service public sans moi. Ces 4 jeux furent largement suffisants pour animer la journée mais j’ai bien noté que les 11 autres jeux, pourtant bien en présentation, n’ont pas du tout été joués.
Dernier point, à propos de l’histoire du jeu, de la place du jeu qui vient d’être joué dans cette histoire et des passerelles vers d’autres jeux. Je contresigne à 100% vos recommandations sur le minimum de culture ludique nécessaire pour préparer des « parcours ludiques » destinés à élargir le champ des possibles pour des personnes qui ont joué à un jeu et l’ont apprécié. Et c’est précisément pour cela que chacun de nos jeux aura sa « place » dans ces parcours. Sachant que, comme en littérature, une personne désireuse de découvrir un nouveau jeu recherchera souvent des sensations proches de ce qu’elle a connu avec un jeu donné. Ca me semble d’ailleurs plus facile avec le jeu qu’avec la littérature.
Par exemple, pour des adultes débutants, je serai comme le Pionfesseur (je crois) : je commencerai invariablement par Carcassonne. Puis, si c’est concluant, je proposerai, dans cet ordre, Dorfromantik, Akropolis, Isle of Skye, Cascadia, Babylon, Looot. Si au contraire c’était un peu laborieux, je proposerai Kingdomino.
Si les joueurs veulent changer un peu des jeux de tuiles, transition en douceur, avec Sur les traces de Darwin. Puis Takenoko ou 7 Wonders architects.
Pour les dungeon crawlers / tower defense, je commence par Karak. Si ça mord, je passe à Andor junior, Chronicles of Avel, Dice Throne Adventures, un ou deux autres (que je n’ai pas en tête à cet instant), puis, à la fin, Gloomhaven. Avec une intersection, pour ceux qui le souhaitent, vers le jeu de rôle (j’ai le MJ avec moi !)
Et ainsi de suite.
Bref, je buvais du petit lait en vous écoutant. Un grand MERCI à vous !
Salut !
Déjà, un immense merci d’avoir pris le temps de nous écrire un commentaire aussi riche. Trois mois après la sortie du dossier, il arrive peut-être un peu tard… mais il arrive surtout au bon moment !
C’est vraiment un plaisir de lire le retour de quelqu’un qui réfléchit au jeu de société non seulement comme joueur, mais aussi comme directeur de médiathèque. On sent que notre discussion a fait écho à une réflexion déjà bien engagée de ton côté.
Ton parallèle entre le club de lecture et la médiation ludique est particulièrement intéressant. Au fond, dans les deux cas, le véritable défi n’est pas seulement de présenter une œuvre, mais de donner envie d’aller plus loin, de créer des passerelles et d’accompagner les découvertes. C’est exactement ce que nous voulions mettre en avant dans ce dossier.
Tu mets aussi le doigt sur quelque chose d’essentiel : expliquer une règle est une compétence à part entière. On a tous connu des parties gâchées par une explication laborieuse, tout comme on se souvient souvent de la personne qui nous a fait découvrir un jeu de manière tellement fluide qu’on est tombé dedans. Comme tu le dis très justement : expliquer une règle, ça s’apprend.
Ton retour d’expérience pendant les « 10 jours sans écran » est d’ailleurs une superbe illustration de tout ça. Quarante personnes, quatre jeux, une journée entière à les faire vivre… et les onze autres boîtes sont restées en présentation. Ça montre bien que ce n’est pas le nombre de jeux qui fait une animation réussie, mais la qualité de la médiation.
J’aime aussi énormément ta réflexion sur les parcours ludiques. On recommande facilement un livre après un autre, un film après un autre… alors pourquoi pas un jeu après un autre ? Tes exemples de cheminement, de Carcassonne jusqu’à Looot ou de Karak vers Chronicles of Avel puis Gloomhaven, illustrent parfaitement cette idée de transmission. Beaucoup de passeurs le font intuitivement ; toi, tu cherches à le formaliser, et je trouve la démarche passionnante.
Enfin, j’aime beaucoup la philosophie de ton futur fonds : ne proposer que des jeux que quelqu’un de l’équipe maîtrise vraiment et est capable de transmettre. Je suis convaincu que 150 jeux « vivants », que l’équipe connaît et aime faire découvrir, auront bien plus d’impact qu’une collection de 500 boîtes qui attendent qu’on les ouvre.
Merci encore pour ce témoignage. C’est exactement le genre de retour qui nous fait plaisir, parce qu’il montre que nos discussions ne restent pas juste entre passionnés, mais qu’elles peuvent nourrir des projets concrets.
Et surtout, reviens nous raconter comment ton projet évolue ! Je pense qu’on sera nombreux et nombreuses à être curieux de voir comment tu construis ces parcours ludiques et comment le public se les approprie.
À bientôt !
Salut et merci pour ton commentaire !
Ca fait trop plaisir de savoir que nos émissions peuvent être utiles et amener à des changements concrets.
Pour info c’était moi qui avait été déçu des clubs de lectures ahah, je me demande si c’est pareil partout. Mais je crois que les discours critiques sont vraiment difficile à faire émerger aussi et surtout parce que sur les réseaux sociaux, tout le monde est aliéné par les influenceurs qui débitent juste des synopsis (c’est pas spécifique à notre époque, par le passé, la télé et les magazines faisaient pareil).
D’ailleurs pour que de la critique émerge, il faut bien considérer le jeu comme de l’art et non pas seulement comme un « objet culturel ».
À part ça, et histoire de faire ce que je sais faire le plus : défoncer des jeux, je suis bien content que tu fasses commencer les gens par Carcassonne, mais je m’attriste de voir la liste des autres jeux que tu proposes !
Akropolis, Cascadia … ou pire Babylon ! En plus d’être des grosses daubes, on sent que là tu ne fais pas découvrir des jeux importants de l’histoire ludique mais juste des jeux récents (et qui, en plus, sont assez éloignés de Carcassonne au final, étant dans le genre des PPP plutôt que de la pose de tuile sur plateau commun à l’ancienne. Là-dessus, il manque le chaînon manquant historique : Alhambra ! Cf notre émission Sortons le Grand Jeu sur Alhambra et celle sur Carcassonne pour bien piger tout ça).
Voilà j’adore chipoter mais en vrai ton commentaire était trop bien ahah 🙂