Introduction
Dans ce dossier, Flavien, Kurts, Cyrus et LePionfesseur s’interrogent sur les concepts d’éthique et de morale dans les jeux de société.
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Retour sur les commentaires du dossier précédent
Le dossier précédent était consacré à « La Peur dans les jeux de société ». On en reparle rapidement, et vous pouvez consulter les commentaires relatifs à cet épisode ici.
Éthiques et morales dans le jeu de société
En introduction, Flavien présente différentes formes d’éthique et/ou morale qui peuvent exister en lien de jeu de société.
- Éthique et morale du joueur ou de la joueuse, que ce soit dans le comportement autour de la table ou dans sa place à l’intérieur du jeu.
La minute Mad’ sur L’art de bien se tenir à table.
- Éthique et morale du consommateur ou de la consommatrice
- En miroir et à une autre échelle, éthique et morale de l’industrie
- Éthique et morale des médias consacrés au jeu de société
- Éthique et morale des jeux et du Jeu
Je fais ce qu’il faut
Dans cet épisode, Kurts explore une zone plus trouble du jeu de société : celle où les règles cessent d’être innocentes.
À travers un texte et une discussion collective, il s’intéresse à ces moments où bien jouer signifie parfois faire des choix que l’on préférerait ne pas regarder de trop près.
Car autour d’une table, les décisions semblent simples : optimiser, gagner, avancer.
Mais derrière les cubes, les cartes et les mécaniques, certaines logiques apparaissent — froides, efficaces, parfaitement rationnelles.
Avec les autres chroniqueurs, Kurts ouvre alors une question inconfortable :
quand un jeu récompense un comportement, est-ce encore un choix… ou simplement la meilleure manière de jouer ?
Parce qu’au fond, certaines règles ne se contentent pas d’organiser une partie.
Elles nous apprennent aussi ce qu’il faut faire pour gagner.
L’épisode de T’as joué à quoi ? consacré à Freedom.
Comment les auteurs et les éditeurs fuient (ou non) la morale ?
Dans cette chronique, Cyrus passe en revue les techniques des auteurs et des éditeurs pour s’affranchir des problématiques que peuvent susciter la morale et l’éthique.
On regarde ensuite si ces techniques fonctionnent et dans quelles mesures.
Enfin, on se pose la question de savoir s’il faut ou non fuir cette morale.
L’épisode de Tellement Je Thème consacré à Root.
L’épisode des Jeux du Mois consacré à Root.
Rapport entre esthétique et morale
C’est la marotte du Pionfesseur : parler du beau, du bon, de l’esthétique, mais ici dans un cadre où on va la confronter à la morale.
Le moraliste et l’esthète sont-ils fait pour ne jamais s’entendre ?
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Décaler la morale, c’est modifier la fenêtre d’Overton, non?
Dans la morale à table
– ne pas tricher
– ne pas faire pression sur un joueur
– ne pas mélanger en jeu et hors-jeu (« si tu me trahis dans leur, alors conséquence dans la vie »)
Le + grand media ludique francophone a un discours éthique sur plusieurs aspects: production en France, éviter les boîtes pleines de vide et les jeux sur-édités…
Et il l’applique à ses propres éditions.
Vd
D’autres disent qu’il faut acheter en boutique indépendante et sont financés par le leader du marché
Flavien cite plusieurs personnes/entités qu’il faudrait éviter.
L’éthique, l’honnêteté intellectuelle voudraient qu’il dise pourquoi.
Pour Bolloré, c’est connu de notoriété publique. Pour Rue du jeu où Maxildan, moins.
Attention, l’exemple de Rue du Jeu est pas contre la chaîne, c’est plus « en tant qu’industrie, tu envoies une boîte à un média, ça se questionne », et Rue du Jeu est juste un exemple, pas un média que je cherche à épingler (contrairement à Maxildan ou Bolloré qui sont nommément nommés comme entités et personnes ciblées par mes propos).
Pour Maxildan, ses propos et positions publiques, sa posture, et le sponsoring par Iello par exemple, tout ça c’est des éléments publics que les personnes peuvent consulter librement.
Petit addendum à ma chronique pour rebondir sur la réaction de Flavien à la fin qui disait « tous les jeux compétitifs sont immoraux ».
Déjà, comme je le disais dans ma chronique, certains jeux compétitifs proposent très clairement à un (ou des) joueur(s) d’incarner le camp des méchants, ces jeux là permettent donc, au moins à une personne autour de la table d’incarner le camp des gentils dans un jeu compétitif.
Aussi, je remarque que le mode de jeu donne aussi le sentiment d’être plus ou moins gentil ou méchant et ce, en fonction du nombre de personnes autour de la table qu’on embête. Quelques exemples :
– À la Belote, j’embête l’équipe adverse mais ce que je fais est positif pour mon équipe. C’est peut-être pour ça que j’ai un sentiment plus « Neutre » moralement.
– Dans n’importe quel jeu à 2 d’ailleurs ce que je fais est au final bon pour moi et mauvais pour l’adversaire. Mais si thématiquement on incarne par exemple une faction, un peuple, alors j’ai tout de même le sentiment d’aider une faction au détriment d’une autre, je suis 50% altruiste et 50% cruel, là aussi ça donne plus un sentiment de neutralité.
– Alors que dans un jeu à + de joueurs, genre 5 en compétition, clairement j’aide ma faction qui ne représente que 20% de la population représentée dans le jeu et suis méchant avec 80% de celle-ci, d’où le sentiment plus méchant qui s’en dégage.
– C’est très mis en exergue dans les jeux « 1 contre tous » où le « 1 » est quasi systématiquement le méchant : et on le sent bien car il embête tout le reste de la table, tandis que le « tous » ne fait qu’embêter moralement la personne seule. Pour reprendre mes ptits pourcentage, à 5 joueurs ici c’est comme si le « 1 » incarnait 20% des gens alors que les 4 autres représentent 80%, donc ils agissent pour une cause plus commune et au final, le sentiment de jeu correspond à l’éthique (le camp du « tous » est gentil).
Voilà, j’ajoute aussi que je me suis effectivement du coup un peu fourvoyé en citant Agricola, je pense que des exemples thématiquement plus neutres où on incarne des trucs abstraits serait mieux (je pense à Sky Tango où on incarne le soleil et la lune) ou bien tout ces jeux où thématiquement ce qu’on fait n’a aucun impact sur le monde (les jeux de sports typiquement, qu’y a-t-il d’immoral ou de moral à jouer au foot ? Ou bien les jeux de Geonil où l’on joue deux personnes en train de discuter, peut-être même que c’est carrément un exemple de moralement bon ici car l’idée de cette discussion est d’atteindre la vérité. Un peu comme dans Alchimistes, où la compétition entraîne une vérité scientifique. Du moins c’est bon selon une morale conséquentialiste.)
Je souhaiterais revenir sur une remarque de Cyrus (je crois que c’est la deuxième fois qu’il la raconte) concernant son dégoût et son rejet vis-à-vis de It’s A Wonderfull World. Je comprend son ressenti mais je voulais juste rappeler que c’était justement l’objectif des illustrations du jeu, tout y est caricature et second degré. Le monde représenté est parfaitement dystopique et parce qu’il ressemble grandement au nôtre s’en veut une dénonciation. Par contre on est bien d’accord que tout ça reste au niveau des illustrations, les dynamiques sont comme d’habitude de produire plus que les autres.
Bonjour, j’ai bien apprécié le dossier. Un angle intéressant sur la morale dans et autours du jeux.
Je trouve l’analogie de pionfesseur avec le sport dans son commentaire est bonne pour démontrer que l’aspect compétitif n’entraîne pas forcément une morale « méchante ».
Pour les exemples de jeux où les choix moraux ne sont pas caricaturaux, il y a this war of mine ( civils en temps de guerre ), Frostpunk (post apocalyptique avec sujet difficile tel que le travail des enfants, les soins, répression). Et dans une moindre mesure Tainted Grail où il n’y a pas vraiment de bon camps, et on choisit entre profit ou popularité.
Bon jeu à tous
Il y a tellement à dire, tellement de réaction à faire sur vos remarques et sur ce sujet.
Il s’agit plus d’un brainstorming philosophique qu’un dossier en soit.
Mais ma fainéantise m’impose à ne pas développer. Donc je vais rester sur cette remarque banale et creuse.
Néanmoins juste un petit trait d’humour, qui a motivé mon commentaire.
Votre conclusion avec le débat sur les jeux compétitifs me rappel un épisode d’une série américaine connu sur le fait qu’il n’existe pas de bonnes actions désintéressées.
Mais les jeux solo et coopératif sonts il vraiment vertueux ?
J’aurais dû écrire mon commentaire en écoutant (mais ce n’était pas possible, au risque de conduire une voiture et d’écrire un commentaire en même temps). Du coup, je n’ai plus aucune idée des idées géniales que j’ai eues (oui, au pluriel).
J’ai le souvenir de m’être dit que la morale dans les jeux est un peu comme un roleplay : si on incarne des capitalistes qui pillent des ressources, alors la morale est d’exploiter tout ce qui est possible afin d’avoir plus d’argent ; mais si on joue un paladin protecteur, la morale sera de préserver la santé du groupe.
C’est bien entendu difficile à transposer dans les lapins de Dixit ou les devins de Mysterium…
Généralement, le jeu ne nous offre pas d’incarner quelqu’un, et donc on doit garder sa propre morale et son éthique. Pour certains, ce sera de s’amuser au mieux ; pour d’autres, de respecter les convives. Moi, je pense que j’essaie de respecter le jeu en y jouant le mieux possible, même si cela va parfois à l’encontre de ma morale et de celle des personnes avec qui je joue… mais bon, ce n’est qu’un jeu