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N°133 – Les jeux d’enquête

Pour ce 133ème épisode, c’est armée d’une loupe et de leurs cellules grises que la Proxi-Team vous propose d’ouvrir le dossier des jeux d’enquêtes : d’une tentative de définition à une enquête à la manière d’un actual play, c’est avec flair et intuition que Cyrus Poirot, Frère Acariâtre, Miss Polgara Fisher et Zephiriel Holmes se lancent sur la piste du jeu d’enquêtes parfait, celui qui nous met dans la peau d’un véritable détective. Élémentaire mon cher auditeur !

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0:00:00 Intro

Commentaires de l’épisode précédent

0:04:01 Commentaires de l'épisode précédent

Un rapide retour sur les commentaires de l’émission précédente, l’interview de Bruno Cathala.

Le Dossier – Enquête en jeux troubles

0:09:55 L'intro

Amatrices et amateurs de jeux d’enquête, cette émission est pour vous ! Est-ce Cyrus avec la feuille de Roll and write dans la salle Race For The Galaxy ? Ou l’Acariâtre à coups de statuette de meeple dans la bibliothèque Kallax ? Ou encore Zéphiriel qui a glissé du poison dans le gobelet à dés à la table de JdR ? Ou enfin Polgara armée d’une bouteille de champagne dans le grand salon ? A vous de le découvrir !

0:11:05 Cyrus – Ceci n'est pas un jeu d'enquête

Dans sa chronique, Cyrus part à l’attaque des pseudo-jeux d’enquête et dresse les contours de cette catégorie.

Dans l’épisode Jeux du mois de janvier 2021, Polgara présentait The Key

Couverture de The Key - Vols à la villa Cliffrock
Oh la la ! Regardez moi ce petit descriptif en bas de la boîte !

Dans l’épisode T’as joué à quoi d’août 2021, Polgara présentait Spy Club

Couverture de Spy Club
La couverture (mensongère ?) du jeu Spy Club

 

 

1:05:35 L'Acariâtre – Jeux d'enquête : Faites le bon choix

Dans sa chronique, l’Acariâtre identifie deux formes de choix proposés aux joueuses de jeux d’enquête :

  1. Les choix de déroulement de l’enquête (choix des actions, gestion des ressources)
  2. Les choix de la piste retenue à partir des indices obtenus (choix du coupable/mobile).

Pour lui, ce second type de choix doit constituer l’essentiel, le climax du jeu d’enquêtes et les conceptrices devraient éviter tout ce qui entrave l’exploration et la collecte d’indices.

Il recommande pour cela les jeux type « dossiers d’enquête » : Hunt a Killer, Sous-scellés, Hidden games, Les Flammes d’Alderstein, etc.

Une boîte de « Hunt a Killer » et toutes les pièces du dossier.
1:35:15 Polgara – Le pont entre livres policiers et jeux d'enquête : figure du Détective et contexte

Dans le prolongement de sa présentation de Suspects dans les Jeux du mois de novembre 2021, Polgara partage avec ses compères son amour pour les livres policiers et leurs liens avec le jeu d’enquête, en se focalisant sur :

  • la figure du Détective
Claire Harper, la Détective de Suspects

  • l’ambiance et le cadre de l’enquête

1:57:58 Zephiriel – Le choix de jeu et les jeux à choir

Zephiriel commence par évoquer les jeux d’enquête dans le jeu de rôle Grandeur Nature avant de s’interroger sur la faisabilité d’un jeu d’enquête dans le jeu de rôle sur table.

Puis, avec l’aide de l’équipe, il élit les jeux recommandés pour les catégories suivantes :

  1. Jeu narratif
  2. Jeu de carte
  3. Énigme/Puzzle
  4. Technologique/Hybride
  5. Escape game
  6. Compétitif
  7. Enfants

Et bien sûr si vous voulez voir la vidéo de Cluedo vidéo c’est ici.

2:46:54 La question du Gobelin

N’oubliez pas la question de La Caverne du Gobelin vous permettant de bénéficier d’un code promo de 5€ à partir d’une commande de 40€.

10 nombreux commentaires pour N°133 – Les jeux d’enquête

  1. Bonjour, l’équipe ! Bravo pour vos émissions, c’est un régal de vous écouter en bossant ou en m’endormant ( je ne fais jamais les deux en même temps).
    Polgara, au cours de cette émission 133, évoquait de  »mauvais » et de  »bons » EXIT, a-t-elle cette petite liste dans un coin de sa tête?Si oui, j’aimerais la connaître car j’ai une confiance aveugle en son jugement !
    A bientôt et merci encore pour le travail effectué.

    1. Hello
      Tu as bien raison de te fier à mon jugement (surtout par rapport à celui de Cyrus qui est complètement aux fraises avouons le). Je n’ai pas fait tous les EXIT mais parmi ceux que j’ai pu faire (10 titres) je n’ai pas du tout aimé Le Château interdit et L’Ile oubliée. J’ai adoré La cabane abandonnée, La station polaire et Le Tombeau du pharaon. Tu me diras si tu as aimé 😉 . Joue bien !

      1. Le crime de l’Orient Express est aussi sympa car il change un peu. Par contre, celui sur le Mississipi n’est pas terrible du tout.

  2. Merci beaucoup pour cette émission !
    Comme souvent, en vous écoutant on a l’impression d’être à table avec des potes et c’est extrêmement frustrant de ne pas pouvoir se taper l’incruste et intervenir en direct dans la discussion !

    Comme Cyrus, je faisais moi aussi une distinction assez nette jeux de déduction / jeux d’enquête, même s’il est vrai qu’il y a davantage de porosité que je ne l’aurai cru (Detective Charlie est un bon exemple). Mais je vois ce qu’il veut dire : certains jeux proposent des déductions mathématiques, d’autres des déductions « organiques ». Un bon critère pour les distinguer serait que dans un jeu de pure « enquête », on n’a pas de certitude absolue sur la solution, même avec tous les éléments à dispositions. Je veux dire, même en lisant l’intégralité du livret de Sherlock Holmes Detective Conseil, ou toutes les cartes de Detective un jeu d’enquête moderne, la solution ne saute pas aux yeux. On doit encore échafauder quelques théories ou connexions, il peut y avoir plusieurs explications qui semblent plausibles etc. L’incertitude est reine, dans un jeu d’enquête ! Alors que dans un jeu de déduction, on arrive généralement à un point où les indices récoltés permettent de pointer sans ambigüité sur LA solution.

    Ce que dit Acariatre est intéressant, je comprends son point de vue sur le fait que LE plaisir du jeu d’enquête est la recherche de la solution, et que tout le reste est fioriture inutile.
    Cependant, sa position est un peu extrême. Si on la suit, Agatha Christie n’est pas autrice de roman, elle est en fait game designeuse. 🙂 Agatha Christie a parfois mis en place des dispositifs très ludiques dans ses livres, par exemple dans Cinq Petits Cochons, ou Hercule Poirot enquête sur un cold case et n’a donc aucun indice matériel. On lui présente cinq témoignages écrits et cinq compte-rendus d’interrogatoire. Le lecteur a exactement les mêmes informations que lui à disposition, comme un dossier d’enquête. À partir de ces éléments, Poirot déduit l’assassin dans le chapitre final. Le lecteur pourra-t-il faire de même ? Cinq Petits Cochons est-il un roman ou un jeu ?
    J’avoue être #teamZephiriel sur ce point. Le boulot de game designer n’est pas seulement dans le scénario, mais aussi dans la conception des mécanismes d’enquête. J’aime avoir affaire à un véritable jeu de plateau, avec des règles qui cadrent la prise d’information et qui demandent à optimiser un peu le suivi de pistes.
    Oui, je fais partie des affreux qui jouent à Sherlock Holmes en comptant le score et qui essaient volontairement de ne pas tout explorer. 🙂 SHDC est conçu pour ça, il y a certaines pistes qui sont inutiles ou redondantes, et une partie des décisions de jeu est de savoir les éviter. Sinon, ce ne serait que de la lecture de roman… Je lis souvent que les gens sont frustrés de ne pas battre Sherlock, mais pour moi ce n’est pas le but. Sherlock fournit en quelque sorte le « cheminement parfait » à l’aune duquel on va évaluer notre performance. Une performance de 75/100, c’est déjà pas si mal, enfin moi j’étais content d’avoir un 15/20 au collège. 🙂

    Je ne crois pas qu’il y ait eu mention de « Enquêtes à Los Angeles », qui est un vrai jeu d’enquête selon la définition de Cyrus mais qui se distingue des autres de par sa volonté de rendre les suspects « vivants ». Un joueur incarne les suspects, contre les enquêteurs, et peut choisir de faire de la rétention d’information, de les envoyer sur des fausses pistes etc. De mon point de vue, c’est fait de manière un peu bancale, mais c’est une tentative intéressante d’apporter de l’incertitude liée à la psychologie des personnages et des joueurs, et pas seulement due au scénario.

    Bon voilà, c’était un gros pavé pour combler ma frustration de ne pas pouvoir intervenir en direct dans le podcast. 🙂

  3. Tellement de bons souvenirs à jouer à Super Cluedo étant gamins avec mes copains vacanciers de passage dans ma région. Des heures de jeu.
    Un souvenir aussi de Une Soirée d’enquête.

    J’ai aussi participé à une super murder partie dans un château avec une expérience de fou. Les costumes, l’ambiance par la team orga, l’histoire. J’en refairais une avec plaisir.

    Mais globalement j’ai du mal avec les jeux d’enquête en fait. Je crois qu’après avoir écouté votre émission c’est surtout les jeux avec des énigmes qui me gavent. Et encore plus avec l’ajout du support smartphone ou Internet. Autant les Escape Game en IRL oui, mais en jeu de société sans plus.

    Aller je file regarder la vidéo de Cluedo.

    Et merci pour la séance jeu de rôle, je m’y suis cru avec la qualité de la diction du MJ

  4. Un bien beau dossier qui donne du grain à moudre !

    Même si je suis assez d’accord avec la classification de Cyrus, je note qu’il y a des contre-exemples ou des cas limites un peu partout. Par exemple dans Orient Express on a aussi une petite grille d’aide à la prise de notes !

    J’ai repensé aussi au jeu vidéo L’arche du Captain Blood, qui pour moi coche toutes les cases du jeu d’enquête sans en avoir la thématique. C’est en solo plus que coop, mais on a bien un scénario unique, des pistes à suivre dans un monde qui nous est complètement inconnu au départ, et un côté très ouvert qui est apporté par le système de dialogue avec les PNJ. D’ailleurs je trouve que ce jeu répond aussi admirablement à la chronique de Polgara, puisqu’on y incarne vraiment le personnage principal : on lie des rapports d’amitié, de méfiance ou d’agressivité avec les PNJ, et on vit aussi le stress du personnage qui souffrira personnellement s’il ne résout pas la situation qui lui est proposée.

    J’aimerais mitiger l’aspect ouvert des enquêtes en littérature et cinéma, que l’Acariâtre oppose à celui plus fermé d’un jeu, nécessairement limité au matériel (au sens large) fourni dans la boîte. De nombreuses oeuvres se présentent sous la forme d’un huis clos, où l’espace de recherche des coupables est limité dès le départ (même si ensuite les auteurs jouent avec ces codes, comme dans le Crime de l’Orient Express ou le Meurtre de Roger Ackroyd). Réciproquement, lorsqu’un auteur de polar sort un coupable (ou un indice déterminant) trop inattendu du chapeau, la résolution de l’énigme est frustrante pour le lecteur, qui se sent floué car il ne jouait pas à armes égales avec le détective.

    Pour compléter la discussion à propos de BGG, les critères pour être admis dans la base sont là :
    https://www.boardgamegeek.com/wiki/page/Game_Criteria
    En particulier, il y a 2 critères qui étaient pertinents ici : avoir une condition de victoire ou de défaite, ou au moins un score ; ne pas être une énigme solitaire, pour laquelle une solution optimale est connue (Rush Hour ou le Rubik’s cube sont cités en exemple).
    Mais là aussi il y a des zones grises… Des jeux comme Par Odin passent la barre car ils sont capables de générer une nouvelle situation initiale aléatoirement à chaque partie. De nombreux jeux d’enquête ou de déduction s’en sortent aussi en étant coopératifs ; je pense aussi que pragmatiquement, BGG ne pouvait pas se permettre de ne pas référencer Unlock ou Exit.

  5. Salut les enquêteurs,

    Définition un peu longue à mettre dans le dictionnaire mais elle me convient parfaitement, ce qui me conforte dans mon idée que je suis plus « jeux de déduction » que « jeux d’enquête », j’aime mieux l’approche mathématique, plutôt que l’intuition …
    C’est peut-être que je n’ai pas testé le bon jeu non plus !

    Le segment de Zephiriel est top, c’est vivant, avec l’intervention des autres membres de l’équipe !
    Et j’adore les quizz !

    « Réponse D » à tous !

  6. Bonjour et merci pour cette réflexion intéressante mais ponctuée d’humour.
    J’ai l’impression qu’on peut réduire la définition à ce simple aphorisme : « un jeu d’enquête doit permettre de faire des hypothèses, les infirmer ou les valider avec l’objectif de résoudre une énigme. »

  7. Je trouve les questionnements soulevés par cet épisode très intéressants car ils rejoignent finalement ceux qui travaillent le monde du jeu depuis les années 70 et Donjons et Dragons : à savoir, comment le jeu peut ou doit représenter le réel ?
    Le fantasme ouvert par les JdR d’un jeu qui dépasserait la mécanique pour devenir une authentique fiction interactive continue finalement d’agiter les joueurs et de faire bouger les lignes. L’opposition tout à fait juste soulignée par Cyrus entre « jeu d’enquête » et « jeu de déduction », revient à chercher une expérience plus authentique plus « réaliste » de la fiction policière en détachant le joueur de la mécanique ludique pour le plonger dans un univers aux contours plus flous, donc supposément plus « libre » ou plus « réel » : celui de la narration.
    A cet égard, autant revenir à la source : Maupassant et sa préface de « Pierre et Jean » qui définit le roman réaliste.
    Il y écrit ceci : « Raconter tout serait impossible, car il faudrait alors un volume au moins par journée, pour énumérer les multitudes d’incidents insignifiants qui emplissent notre existence. Un choix s’impose donc, — ce qui est une première atteinte à la théorie de toute la vérité. » Et il conclut plus loin : « J’en conclus que les Réalistes de talent devraient s’appeler plutôt des Illusionnistes.  »
    Finalement ce que dit Maupassant ici s’adapte parfaitement à la fiction policière (qui est d’ailleurs une sorte de rejeton populaire de la littérature réaliste) : les Agatha Christie ou les Conan Doyle ne représentent pas « tout » le réel. Au contraire, ils choisissent précisément les informations qu’ils nous livrent dans leur narration, soit pour nous entraîner sur des fausses pistes, soit pour construire par touches subtiles le puzzle complexe de la vérité.
    Il en va de même pour les auteurs de « jeux d’enquête » qui définissent un cadre, plus large et plus flou que celui du Cluedo traditionnel afin de renforcer l’actantialité du joueur (tentative de traduire l’anglais « agency » tout en faisant référence au « schéma actanciel » de Greimas) et par là même son illusion d’être un enquêteur, sa « suspension d’incrédulité ».
    C’est donc simplement le jeu qui progressivement, comme la littérature ou le cinéma avant lui cherche à se détacher de la mécanique pour se rapprocher du fantasme d’une représentation « réaliste »…

  8. Re-bonjour, par miracle, je viens d’entamer l’écoute du n°133 avec peu de retard 🙂 et la 1ère chronique de Cyrus m’amène de nombreuses réflexions que j’ai encore du mal à « structurer » …
    Une première, le temps que le reste mûrisse un peu à l’écoute des autres chroniques : j’ai l’impression que dans un jeu de déduction à la Cluedo / Sherlock 13 / … on met effectivement en œuvre de la logique au sens booléen du terme, dans un monde d’hypothèses complètement fermé : les choix sont limités, les valeurs des choix aussi, et surtout lorsqu’on interroge un autre joueur, il ne peut pas mentir !!! L’objectif est donc d’essayer de poser les bonnes questions nous amenant le plus d’information possibles, mais sans en dire trop aux autres de part les questions que l’on pose (et à ce titre, on adore Sherlock 13 à la maison, découvert grâce à à de vos numéros de Noel je pense !).
    A l’inverse dans un jeu d’enquête, les informations vont être apportées par des éléments de jeu de nature différentes, par rapport à des choix que l’on devra faire, etc … et l’objectif sera de faire les bonnes relations entre ces éléments, de découvrir éventuellement des incohérences (l’élément de contradiction impossible dans la déduction logique). Et comme c’était évoqué dans les réactions (de Polgara?) cette mise en relation d’éléments peut être plus ou moins compliquée en fonction de la connaissance des joueuses de connaissances externes au jeu, et surtout donne une dimension psychologique, pour essayer de faire le lien entre les dépenses trop élevées de M. Machin, et la disparition du collier de Mme Truc …

    Bon, j’arrête là, car je vais sûrement paraphraser ce que les prochaines chroniques du numéro vont dire 🙂 🙂
    donc je retourne les écouter !

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